La famille dans la Bible

L'année pastorale consacrée à la famille nous donne l'occasion de parcourir les textes de l'ancien et du nouveau testament pour y relire les passages relatifs à la famille.

Premier paradoxe, il n'existe pas de mot, ni en hébreu, ni en grec pour exprimer notre idée de famille; en hébreux, le mot le plus approchant est « beth » (maisonnée).

Second paradoxe, jusqu'à Saint Luc, la Bible ne dispose pas de textes importants sur la vie de la famille dans son intimité; pourtant, chez les Hébreux, la famille était à la fois la cellule de base de la société, mais aussi une entité religieuse comme c'est toujours le cas dans la tradition juive.

Ruth et BoozL'ancien Testament fait plus souvent référence aux pères et aux fils, clés de la descendance, qu'aux mères et aux filles. Le père était le chef de la « maison ». Sa femme l’appelait « seigneur » ou « maître ». Le mot « famille » se disait « maison du père ». Tout, épouse, enfants, animaux et biens, était soumis à l’autorité du père. Ce monde culturel et religieux était marqué par la soumission de la femme; son rôle dans la famille restait caché; parfois même, elle était considérée comme étant la propriété de son mari.

Le livre de Ruth montre très bien le fonctionnement de la famille juive. Ruth, l'étrangère, a perdu son mari. Noémi, sa belle-mère veuve elle aussi, l'encourage à courtiser Booz, un parent de Noémi, pour qu'elle l'épouse, pour que l'héritage ne quitte pas la famille et qu'une descendence lui survive. Noémi élèvera l'enfant de Ruth comme si c'était le sien.
« [...] "Qui es-tu ?" s'écria-t-il - "Je suis Ruth, ta servante, lui répondit-elle. Etends sur ta servante la pan de ton manteau car tu as sur moi droit de rachat !" - [...] "Sois donc sans crainte, ma fille, tout ce que tu demanderas, je le ferai pour toi, car tout le monde à la porte de Bethléem sait que tu es une femme parfaite." » (Ruth 3,9-11)

Certains textes bibliques sont parfois très misogynes et prêtent, aujourd'hui, à sourire voire même à grimacer :
« Mieux vaut habiter à l'angle d'un toit
que faire maison commune avec une femme acariâtre. 
» (Proverbes 21,9)

« Gargouille qui ne cesse de couler, un jour de pluie,
et femme acariâtre sont pareilles.
 » (Proverbes 27,15)

Mais, il existe aussi de très belles phrases sur les épouses :
« Ne prends pas en grippe une épouse sage et bonne,
car sa grâce vaut plus que l'or. 
» (Sirach, 7,19)


Adam et Eve - Lucas GranachLa première mention d'une famille d'origine divine se trouve bien sûr dans la Genèse :

« Dieu créa l'homme à son image,
à l'image de Dieu il les créa,
homme et femme il les créa.
Dieu les bénit et leur dit : "Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-là."
» (Genèse 1,27-28).

Et que dit Dieu à propos de cette (sa) première famille :
« Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon. Il y eu un soir et il y eut un matin : sixième jour. » (Genèse 1,31).

Hélas, l'histoire tourne mal; les jeunes tourtereaux veulent devenir des dieux; ils seront condamnés à n'être qu'humains. Puis c'est la jalousie qui déchire leurs enfants : « et comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » (Génèse 4,8). La descendance de Caïn va se poursuivre à travers Noë qui sauva sa femme, ses trois fils et leurs épouses du déluge.

Adam et Eve - Lucas Granach - il GuernicoPlus tard, vint Abraham qui eut deux fils: Ismaël avec Agar, la servante, et Isaac avec Sarah, son épouse.

Avec Jacob, fils d'Isaac, nous entrons dans une famille très compliquée; il eut des enfants avec Léa et Rachel, les deux filles de Laban, mais aussi avec Bilha la servante de Rachel et Zilpa celle de Léa.

Joseph dernier fils de Jacob et de Rachel sera vendu par ses frères aux Égyptiens. Moïse, descendant de Joseph sera adopté par la fille de Pharaon; il fera sortir d'Egypte le peuple hébreux dans un exode symbolique de 40 ans, le temps d'une nouvelle génération.

C'est au cours de cet Exode que Dieu dicte ses dix commandements à Moïse :
« Honore ton père et ta mère, afin d'avoir longue vie sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne. » (Exode 20,12).

Moïse - Philippe de ChampeigneLe quatrième commandement sera plusieurs fois repris et développé aussi bien dans l'ancien que dans le nouveau Testament.

Relisons le long développement qu'en fait Ben Sirach :
« Enfants, écoutez-moi, je suis votre père,
faites ce que je vous dis, afin d'être sauvés.
Car le Seigneur glorifie le père dans ses enfants,
il fortifie le droit de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père expire ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme quelqu'un qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père trouvera de la joie dans ses enfants,
au jour de sa prière, il sera exaucé.
 » (Sirach 3,1-5).

Un peu plus loin, on trouve ce très beau texte :
« De tout ton coeur, honore ton père
et n'oublie pas ce qu'à souffert ta mère.
Souviens-toi qu'ils t'ont donné le jour.
Que leur offriras-tu en échange
de ce qu'ils ont fait pour toi ?
 » (Sirach 7,27-28)

Les livres des Proverbes et de Ben Sirach contiennent de nombreuses recommandations sur l’obéissance des enfants et prônent une éducation stricte d'où les châtiments corporels ne sont pas exclus.

« La verge et la correction donnent la sagesse,
mais l'enfant livré à lui-même fait honte à sa mère.
 » (Proverbes 29,15)

« As-tu des enfants ? Fais leur éducation
et dès l'enfance fais-leur plier l'échine.
As-tu des filles ? Veille sur leur corps,
mais montre-leur un visage sévère.
 » (Sirach, 7,22-24)

« Elève ton fils et forme le pour le bien,
pour ne pas à avoir à endurer son insolence
 » (Sirach,30,13)

« Instruis l'enfant de la voie à suivre;
devenu vieux, il ne s'en détournera pas.
 » (Proverbes 22,6)

« Ecoute, mon fils, l'instruction de ton père
ne méprise pas l'enseignement de ta mère :
c'est une couronne de grâce pour ta tête,
des colliers pour ton cou.
 » (Proverbes 1,8-9)

Mais citons aussi ces très beaux versets:
« Les enfants des enfants sont la couronne des vieillards,
Et les pères sont la gloire de leurs enfants.
 » (Proverbes 17,6)

« Ton épouse: une vigne fructueuse
au fort de ta maison;
Tes fils: des plants d'olivier,
alentour de la table.
 » (Psaume 128,3)


Nativité - GiottoAvec la naissance de Jésus, le nouveau Testament, et Saint Luc en particulier, nous livre une vision de la famille plus proche de notre culture.

Nous suivons la grossesse de Marie, la visite à la cousine Elisabeth, la naissance de Jésus, les visites à la crèche, la fuite en Egypte, sa circoncision, sa présentation au Temple, sa première « fugue »:
« Et comme au terme de la Fête, il s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le chercher parmi les parents et connaissances. Mais ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem.
Au bout de trois jours, il le découvrir dans le Temple […]. A sa vue, ils furent saisis d'émotion et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous te cherchons angoissés. » […]
Il redescendit avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement tous ces souvenirs en son coeur.
 » (Luc 2,41-52)

Ô combien ce texte parle à toutes les mères et à tous les pères dont le coeur se pétrit d'angoisse ou explose de bonheur pour leurs enfants !

Les noces de Cana - GiottoDe son côté, Saint Jean nous décrit les noces de Cana où Jésus et sa mère sont invités (Jean 2,1-11).

Marthe et Marie - VermeerJésus sera d'ailleurs souvent invité dans des familles : chez Marthe et Marie (Luc 10, 38-39) les soeurs de Lazare, chez Simon-Pierre dont la belle-mère est malade (Matthieu 8,14), chez Matthieu-Lévi le publicain (Luc 5,29), chez Simon le Pharisien (Luc 7,36-43), chez Zachée (Luc 19,1-10), ...

Dans Saint Marc, nous en savons un peu plus sur la famille de Jésus :
« N'est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie, le frère* de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon. Et ses soeurs ne sont-elles pas parmi nous ? » (Marc 6, 3).
*
En araméen et en hébreux, le même mot peut désigner le frère, le cousin, un parent proche.

 

Marie et Jean au pied de la Croix

Pauvre Marie, sublime mère, elle accompagnera jusqu'au bout son divin Fils :
« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. » (Jean 19,25-27).

On ne peut qu'être transporté de grâces par la façon dont les évangélistes nous font partager l'intimité de cette famille, au destin exceptionnel, mais finalement si proche de nous.

Les textes bibliques qui suivent les Évangiles sont moins "familiers"; ils reprennent sur le thème du quatrième commandement et des enseignements de l'ancien Testament :
« Bref, en ce qui vous concerne, que chacun aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari. » (Ephésiens 5,33).

« Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur : cela est juste.[...] Et vous parents, n'exaspérez pas vos enfants, mais usez, en les éduquant, de corrections et de semonces qui s'inspirent du Seigneur. » (Ephésiens 6,1-4)

« [Les femmes d'âge] apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants, à être réservées, chastes, femmes d'intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. » (Tite 2,3-5)

Dans les communautés pauliniennes, les femmes participent aux responsabilités ecclésiales et missionnaires :
« Je vous recommande Phébée, notre soeur, diaconesse de l'église de Cenchrées [...] Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus. [...] Saluez Marie qui s'est bien fatiguée pour nous.[...] saluez ma chère Persis qui s'est beaucoup fatiguée dans le Seigneur [...]. » (Romains 16,1-16)

« J'exhorte Evodie comme j'exhorte Syntyché à vivre en bonne intelligence avec le Seigneur. » (Philippiens 4,2).

« Après cela, Paul [...] gagna Corinthe. Il y trouva un juif nommé Aquila qui venait d'arriver d'Italie avec sa femme Pricille […]. Il se lia d'amitié avec eux [..] Il demeura chez eux et y travailla. » (Actes 18,1-3)

Paul transcende toute l'humanité, hommes et femmes, dans le Christ :
« Vous tous, en effet, baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a ni Juif, ni Grec ; il n'y a ni esclave, ni homme libre ; il n'y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. » (Galates 3,27-28)

Prédication de St Paul - Luca di TomméMais parfois la théologie libératrice de Paul se heurte aux coutumes du monde auquel il appartient, comme dans ce rude passage (développé avec un fond d'humour quand même !) de la première lettre aux Corinthiens sur le port du voile (déjà !) dans les cérémonies :
« Toute femme qui prie ou prophétise le chef découvert fait affront à son chef; c'est exactement comme si elle était tondue. Si donc une femme ne met pas de voile, alors quelle se coupe les cheveux ! Mais si c'est une honte pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou tondus, qu'elle mette un voile. » (1Corinthiens 11,5-6)

Dans le contexte, il faut lire ce texte comme une sévère admonestation plutôt qu'une lettre doctrinale. En effet, Corinthe était réputée pour sa vie licencieuse: débauche, inceste, fornication, idolâtrie ; dans le temple d'Isis, les prêtresses étaient célèbres pour leurs chevelures ébouriffées.
La petite communauté chrétienne se déchire sur la conduite à tenir, « Il m'a été rapporté qu'il y a parmi vous des discordes » et demande donc conseil à Paul « J'en viens maintenant à ce que vous m'avez écrit ... ».
Après une sérieuse mise au point et un rappel à la morale venue du Christ, la lettre devient plus théologique: l'Eglise est un seul corps dont le Christ est la tête et dont personne n'est exclu. « Or vous êtes le corps du Christ, et membre chacun pour sa part. » (1Corinthiens 12,27)

Paul est dans la ligne tracée par Jésus qui avait déjà élargit la notion de famille. Les évangiles synoptiques nous rapportent cet épisode de la rencontre de Jésus avec sa famille :
« "Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir" ». Mais il leur répondit :  "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique." » (Luc 8,20-21).

(Traductions de la Bible de Jérusalem.)

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