Partie de pêche
Petit, j’habitais la campagne. La vraie. Le Berry. J’en garde toutes sortes de souvenirs très bucoliques : se rendre à la messe à vélo à travers les champs de colza, mettre des pétards à mèche dans les bouses de vache et bien sûr, aller à la pêche.
Je n’ai jamais vraiment aimé la pêche. Après avoir patiemment démêlé ma ligne, je me revois fixant interminablement un bouchon qui ne plongeait jamais. Je rentrais le plus souvent bredouille, ou pire, avec un gardon qui mesurait facilement trois centimètres et que ma mère me faisait gentiment en friture au dîner. Puis, j’allais me coucher avec un goût de vase dans la bouche.
Il y a une déception profonde à ne rien prendre à la pêche.
Mais l’Evangile (...)